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La BD donne à voir la langue ; elle appelle une transformation, pas une imitation.

La BD n’est pas une langue... et c’est pour cela qu’elle est utile

La bande dessinée est souvent utilisée en classe de FLE comme un modèle d’oral, alors qu’elle constitue en réalité une langue stylisée et construite. La prendre comme modèle conduit à des productions peu naturelles. En la considérant plutôt comme une source de médiation au sens du {CECR}, elle devient un support pertinent pour observer les usages, comprendre les interactions et reformuler en langue praticable. L’enjeu n’est plus d’imiter, mais de transformer.

Rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle.

Η χρήση της κόμικς στη διδασκαλία του FLE βασίζεται συχνά στην ιδέα ότι αποτελεί πρότυπο προφορικού λόγου, ενώ στην πραγματικότητα πρόκειται για μια κατασκευασμένη και στιλιζαρισμένη μορφή γλώσσας. Η μίμησή της οδηγεί σε μη φυσικές παραγωγές. Αντίθετα, όταν αντιμετωπίζεται ως πηγή διαμεσολάβησης, σύμφωνα με το ΚΕΠΑ, μπορεί να αξιοποιηθεί για την κατανόηση των γλωσσικών χρήσεων και την αναδιατύπωση σε λειτουργική γλώσσα. Το ζητούμενο δεν είναι η αντιγραφή, αλλά ο μετασχηματισμός.

Συντεταγμένη με τη βοήθεια τεχνητής νοημοσύνης.

Un dialogue en bande dessinée ressemble à de l’oral. Cela ne veut pas dire qu’il faut parler comme dans les bulles.

La bande dessinée est souvent utilisée en classe comme un échantillon de langue. Mais la traiter comme un modèle à imiter conduit à une confusion didactique. Si l’on accepte au contraire de la considérer comme une source à médiation, elle devient un outil puissant pour travailler les usages et la compréhension de l’activité langagière.

On utilise volontiers la bande dessinée en classe de FLE comme une manière d’accéder à l’oral. Les bulles donnent à voir des échanges, des répliques brèves, des interactions qui semblent proches de la langue parlée. L’illusion est forte. Elle est aussi trompeuse.

Personne ne parle comme dans une bande dessinée

Car personne ne parle comme dans une bande dessinée. La langue qui s’y déploie est une langue écrite, contrainte par l’espace, stylisée pour produire des effets et organisée pour être immédiatement lisible. Elle donne à voir une interaction, mais ne la reproduit pas. Elle en propose une version condensée, orientée, souvent amplifiée. En ce sens, elle ne constitue pas un modèle de langue, mais une représentation.

Le problème ne vient pas de la bande dessinée elle-même. Il apparaît au moment où l’on glisse, sans toujours en avoir conscience, d’un usage d’observation à un usage de production. Demander à des apprenants de parler « comme dans la BD » revient à leur demander d’imiter une langue qui n’existe pas. On obtient alors des énoncés marqués, peu transférables et parfois difficilement soutenables en situation réelle. Ce que l’on croit travailler – l’oral – se déplace vers autre chose : une forme d’écriture stylisée de l’oral.

Une source de médiation

Une autre voie consiste à considérer la bande dessinée non comme un modèle, mais comme une source de médiation, au sens du CECR. Elle devient alors un matériau à transformer. L’enjeu n’est plus de reproduire ce qui est écrit, mais de comprendre ce qui se joue dans l’interaction, pour le reformuler dans une langue praticable. Ce passage par la médiation – comprendre, interpréter, reconfigurer – engage les apprenants dans une activité langagière bien plus proche de ce qu’ils auront à faire en dehors de la classe.

Dans cette perspective, la bande dessinée permet de travailler la langue, non comme une suite de formes à reproduire, mais comme une activité située, orientée par des intentions, des relations et des contextes. Elle donne à voir des usages, des tensions, des implicites. C’est à partir de ces éléments que l’on peut construire des reformulations, des ajustements, des prises de parole plus réalistes. Autrement dit, ce n’est pas la langue de la BD qui est à apprendre, mais ce qu’elle donne à observer [1].

Plus que la ressource, c’est bien l’activité « qui compte »

La question posée par cet usage dépasse largement le cas de la bande dessinée. Elle touche à la validité des activités proposées. Que demande-t-on réellement à l’apprenant de faire ? Reproduire une forme, ou construire une réponse adaptée à une situation ? La réponse n’est pas toujours celle que l’on croit.

La bande dessinée n’est donc pas une mauvaise ressource. Elle le devient lorsqu’on la prend pour ce qu’elle n’est pas. En revanche, si on la considère comme un support de médiation, elle retrouve toute sa force.

__________

[1Cf. La BD comme levier d’écriture en FLE (niveau B2), article auquel ce billet fait d’ailleurs suite.


Professionnel de l’enseignement supérieur avec plus de 35 ans d’expérience en linguistique, expert en méthodologie d’enseignement des langues et évaluation des compétences. …

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